Publié le mardi 06 janvier 2026
Il s’en est fallu de peu pour que le gouvernement fédéral connaisse son premier conflit de 2026. Le ministre de la Protection des consommateurs Rob Beenders (Vooruit) a récemment appelé à un durcissement des règles encadrant les jeux d’argent, en ciblant plus particulièrement les jeux de hasard en ligne. Selon lui, il doit devenir techniquement impossible de jouer jour et nuit, notamment par l’instauration d’heures de fermeture obligatoires pour les sites de jeux.
Le ministre souligne la disparition du contrôle social dans l’univers du jeu en ligne. « Lorsque ce contrôle disparaît, on constate que les gens jouent davantage et de manière plus risquée », a-t-il déclaré. Les limitations temporelles ne constitueraient qu’une des mesures nécessaires pour mieux protéger les joueurs et lutter contre le jeu problématique.
Rob Beenders a également critiqué le fonctionnement de la Kansspelcommissie (Commission des jeux de hasard). L’autorité de contrôle, chargée de veiller à l’application de la loi sur les jeux de hasard, n’agirait selon lui pas de manière suffisamment ferme. Ce manque d’efficacité poserait un problème supplémentaire dans un secteur en pleine mutation, de plus en plus dominé par le numérique.
Les déclarations de Beenders touchent toutefois à un point sensible au sein du gouvernement. La compétence sur la Commission des jeux de hasard relève en effet du ministre de l’Économie David Clarinval (MR). Lors de la législature précédente, ce parti s’était à plusieurs reprises opposé à un durcissement de la réglementation sur les jeux, notamment en matière de publicité.
Pourtant, la Commission des jeux de hasard plaide depuis plusieurs années déjà en faveur de règles plus strictes. Sa présidente, Magali Clavie, a récemment rappelé que la commission avait transmis dès 2022 un avis détaillé au gouvernement en ce sens. Cet avis est resté sans suite concrète.
Rob Beenders affirme ne pas être surpris par cette situation. Selon lui, la position prudente du MR sur le dossier des jeux de hasard est bien connue. Il rappelle toutefois que l’accord de gouvernement est clair : David Clarinval doit présenter des propositions visant à adapter la législation.
Par l’intermédiaire de sa porte-parole, David Clarinval a réagi de manière mesurée aux propos de son collègue. « Le vice-Premier ministre a pris connaissance ce matin des déclarations du ministre Beenders », a indiqué Caroline Dubois. « L’accord de gouvernement prévoit une modernisation de la législation relative aux jeux de hasard. Le ministre mettra cet accord en œuvre dès que la loi lui attribuant cette compétence aura été définitivement adoptée par le Parlement. »
La nature exacte de cette « modernisation » reste toutefois floue. Il n’est pas encore clair s’il s’agira d’un renforcement de la protection des joueurs et de nouvelles restrictions pour les opérateurs, ou plutôt d’une adaptation du cadre existant sans durcissement fondamental.
Enfin, aucune réponse n’a été donnée aux questions d’ordre déontologique. Une interrogation concernant le parrainage du club de football Royal Francs Borains, lié au président du MR Georges-Louis Bouchez, par Napoleon Score, une sous-marque d’un opérateur de jeux d’argent, est restée sans réaction.
Pour l’instant, le dossier reste donc en suspens. Il faudra attendre les propositions concrètes de David Clarinval pour savoir si la « modernisation » annoncée débouchera sur un durcissement réel des règles, comme le souhaite Rob Beenders, ou sur une réforme plus limitée du cadre légal existant.
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